La Charteuse de Toulouse

En 1567, la chartreuse de Saïx, près de Castres , ayant été ruinée au cours des guerres de religion, les chartreux viennent se réfugier à Toulouse, place forte catholique, sous la protection de son archevêque, le cardinal d’Armagnac.
Le 28 septembre, le P. Jean de Libra, prieur des chartreux, achète à l’abbé de Moissac le prieuré de Saint Pierre des cuisines et acquiert plusieurs immeubles ou terrains couvrant une dizaine d’hectares, le long du rempart du Bourg Saint Sernin (encore en place boulevard Armand Duportal).
Après quelques années d’installation provisoire, les chartreux décident de construire un monastère pour une communauté de 18 religieux.
Ils commencent à bâtir en 1602 les parties consacrées à leur vie d’ermites : modestes maisons individuelles avec un petit jardin disposées autour d’un grand cloître. Chacune comporte un lit dans une alcôve, un endroit pour la prière et la lecture, un autre pour le travail manuel.
En 1606, les chartreux posent la première pierre de leur église qui est consacrée en 1612 sous le patronage de la Vierge Marie et de St Paul ermite. Ils adoptent un plan original pour une église cartusienne : dans le prolongement du chœur des chartreux, où la communauté se rassemble, de l’autre côté du sanctuaire, une courte nef donne directement sur la rue, permettant aux passants de suivre l’office. L’église est voûtée dans la première moitié du XVIIIe siècle ; le sanctuaire reçoit une décoration de style néo-classique à la fin du XVIIIe siècle qui fait disparaître le décor baroque antérieur.
Les autres bâtiments conventuels sont construits au gré des dons reçus.
En 1790, la Révolution supprime les ordres religieux ; les chartreux quittent leurs bâtiments. Leur église est affectée à la paroisse Saint Pierre et remplace en 1792 comme église paroissiale la vielle église Saint Pierre des cuisines (actuellement auditorium). Les bâtiments conventuels deviennent un arsenal.
Au XIXe siècle, la nef et les chapelles latérales sont réaménagées pour servir aux besoins de la paroisse et s’adaptées au goût de l’époque (vitraux colorés, statues témoignant des dévotions du XIXe siècle, peintures néo-renaissance).
La disparition de l’arsenal et la construction de bâtiments modernes pour l’Université font disparaître la plupart des bâtiments conventuels, les derniers dans les années 1970.
On peut encore voir la majeure partie des arcades du grand cloître dans un jardin public voisin et les façades de bâtiments du XVIIe siècle rue Valade à côté du porche.
Le public découvre avec surprise le charme d’une galerie couverte destinée aux hôtes longeant un étroit jardin du côté nord de l’église.